Pour plusieurs d’entre nous, contempler la beauté d’un coucher de soleil est un plaisir simple que l’on considère comme acquis. Mais pour une personne atteinte d’une limitation visuelle, l’obscurité vient assombrir cette petite douceur. Heureusement, l’accès à des programmes adaptés permet de dissiper les ombres du quotidien et d’envisager un avenir plus serein.
Animée par Margaux Reymann, adjointe au Hub mobile et aux communications, Lyne Dubé, directrice de programme en technologies adaptées et David Trudel, chef du programme psychosocial et responsable de l’engagement communautaire, l’équipe de l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) s’est déplacée au Stade de la Cité des jeunes de Rivière-du-Loup, le 26 mai, pour faire connaître les différentes initiatives gratuites qui ont été développées, afin de répondre aux besoins particuliers des personnes aveugles ou affectées par une baisse de vision.
«C’est important de préciser que 90 % des personnes à qui l’INCA vient en aide voient encore un peu. Ce n’est pas uniquement pour les personnes qui ont une cécité complète», a insisté Margaux Reymann. Car à partir du moment où une perte de vision est expérimentée et que la vie quotidienne est impactée, l’organisme propose des solutions pour guider les gens afin d’effectuer un retour vers une certaine autonomie.
REDÉFINIR LA PERTE DE VISION
Fort de ces cent ans d’existence au Canada, la fondation INCA s’est toutefois établie à Montréal en 1981. Aujourd’hui, avec le hub mobile, l’INCA va directement à la rencontre des personnes touchées, mais aussi de leurs proches, des professionnels de la réadaptation et des travailleurs sociaux en résidences pour aînés.
Sous le thème : « Nos services pour voir au-delà de la vision », l’Institut mise sur des solutions concrètes, comme des groupes de soutien, différentes formations à distance en technologies adaptées, des chiens-guides, ou encore une carte d’accès offrant des privilèges aux accompagnateurs.
À cela s’ajoutent des activités culturelles, du sport adapté, des formations pour maîtriser le braille, des ateliers de défense des droits, mais également des cours de mobilité et d’orientation qui permettent aux personnes nouvellement touchées par une baisse de vision de développer des stratégies sécuritaires au quotidien.
Margaux Reymann ne s’en est pas caché, la mission de l’organisme a toujours été de changer ce que cela signifie d’être aveugle en permettant aux personnes touchées de s’adapter à la perte de vision «pour qu’elles puissent continuer d’expérimenter la vie comme elles l’entendent, avec autonomie et dignité. Car une perte de vision a une grande influence sur la vie».
UN PARTENARIAT ESSENTIEL
Pour Mathieu Lajoie, coordonnateur à l’Association des personnes handicapées visuelles du Bas-Saint-Laurent (APHV BSL), le passage du Hub mobile de l’INCA répond à un besoin dans la région.
Bien que l’APHV BSL propose des services similaires à l’échelle locale, ce maillage avec une organisation nationale lui permet d’enrichir son offre actuelle. «On est partenaire. l’INCA nous donne énormément d’informations, qu’on essaie de transmettre à nos membres», explique-t-il.
Au-delà des ateliers techniques, l’association bas-laurentienne organise des rencontres thématiques, notamment sur le deuil. «Souvent, le but est simplement de sortir de l’isolement. On en profite pour se donner des nouvelles, puis pour parler de ce qui nous préoccupe», ajoute M. Lajoie.
UNE RÉALITÉ BIEN CONCRÈTE
Dans le Bas-Saint-Laurent uniquement, des milliers de personnes éprouvent des problèmes visuels à différents niveaux. Sans parler de cécité totale, la dégénérescence maculaire qui entraîne une perte progressive de la vision, rendant la lecture, la reconnaissance des visages et la conduite difficile, est une situation qui touche de près la population vieillissante. «C’est quelque chose à laquelle on n’est pas prêt et qu’il faut être capable de recevoir. Il faut aussi être capable d’en parler à des gens qui sont là pour nous écouter, nous guider», soutient le coordonnateur.
Heureusement, l’APHV BSL offre des services d’accompagnement de transport gratuit à tous ses membres pour qu’ils puissent participer aux activités. «On fait affaire avec les centres d’action bénévole, puis on va chercher les gens chez eux pour les amener.»
En unissant leurs forces, les deux organismes offrent un précieux réseau de soutien destiné à apporter un certain réconfort aux personnes vivant avec une limitation visuelle.
Basée sur la rencontre et les échanges entre pairs, cette solidarité rappelle que, même si le regard est modifié, il existe quand même de nombreuses façons de partager la splendeur d’un coucher de soleil.








